La violence fait école

Refrain
Dans la cour, les mots cognent, les poings se serrent,
L’école est un théâtre où les cris se perdent.
Élèves sans repères, profs sans bouclier,
Quand la violence fait loi, qui peut encore enseigner ?
I.
Derrière un écran, lâche, on frappe sans visage,
Cyberharcèlement, rumeurs, montage, outrage.
Le virtuel brouille le réel, tue l’empathie,
Les likes pleuvent sur la haine, la victime s’anéantit.
Les jeunes esprits s’abreuvent de vidéos-chocs,
La frontière s’efface, et le coeur devient roc.
Refrain
Dans la cour, les mots cognent, les poings se serrent,
L’école est un théâtre où les cris se perdent.
Élèves sans repères, profs sans bouclier,
Quand la violence fait loi, qui peut encore enseigner ?
II.
Bousculades, coups de poing, morsures, crachats,
Dans la récré, le plus fort impose sa loi.
Témoins passifs, smartphones levés, personne n’arrête,
La peur rend muet, la honte baisse la tête.
Des sanctions trop lentes laissent grandir la peur,
L’impuissance des profs nourrit leur malheur.
Refrain
Dans la cour, les mots cognent, les poings se serrent,
L’école est un théâtre où les cris se perdent.
Élèves sans repères, profs sans bouclier,
Quand la violence fait loi, qui peut encore enseigner ?
III.
Insultes, menaces, accusations sans fond,
Parfois des parents eux-mêmes déversent leur poison.
Des centaines de profs subissent chaque semaine
Des bleus sur le corps, des bleus dans la peine.
Trop d’entre eux songent à tout quitter,
Quand personne n’écoute leur dignité blessée.
Refrain
Dans la cour, les mots cognent, les poings se serrent,
L’école est un théâtre où les cris se perdent.
Élèves sans repères, profs sans bouclier,
Quand la violence fait loi, qui peut encore enseigner ?
IV.
Des écrans trop tôt, des contenus sans fin,
La violence banalisée, l’adulte en chagrin.
Distance numérique, empathie en berne,
Enfants-rois sans lois, profs au bord de l’enfer.
Manque de formation, signalements noyés,
Le système craque, la peur s’est invitée.
Refrain
Dans la cour, les mots cognent, les poings se serrent,
L’école est un théâtre où les cris se perdent.
Élèves sans repères, profs sans bouclier,
Quand la violence fait loi, qui peut encore enseigner ?
Coda
Dans la cour, les mots cognent, les poings se serrent,
Mais l’école peut changer — c’est notre affaire, c’est notre terre.
Alors nommons les coups, les crachats, les blessures,
Qu’aucun dossier ne dorme au fond d’une procédure.
Compter, c’est déjà voir ; voir, c’est déjà agir,
Sortir la honte du silence, empêcher de mentir.
Apprenons aux enfants que l’écran n’est pas une arme,
Qu’un like sur la haine peut devenir une larme.
Pas de monde virtuel sans conscience et sans loi,
L’enfance a droit au calme, à la limite, à la voix.
Prévenir en amont, avant que tout explose,
Remettre de l’humain là où la peur s’impose.
OUTRO
Dans la cour, les mots cognent, les poings se serrent,
Mais l’école peut changer — c’est notre affaire, c’est notre terre.
Élèves debout, profs portés par un vrai bouclier,
Quand la paix fait école, on peut encore espérer.
Texte inspiré d’un article de Stefan Kunzmann publié dans le Tageblatt du 19 mai 2026,
ainsi que d’une enquête du SEW/OGBL sur la violence à l’école.
Mai 2026